Livraison de fleurs

Livraison de fleurs

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C’était avec enthousiasme que j’ouvris la porte d’entrée.  Pile à l’heure, le livreur m’a souri tout en faisant signe à son collègue de reculer le camion.

J’étais tellement excitée ! Elles étaient enfin là ! Elles qui représentaient le début d’une nouvelle vie ! Elles que j’avais tant souhaitées, reflet de ma féminité, cette partie de moi que j’avais trop longtemps refoulée dans cet environnement masculin  qu’était mon ancien foyer avec un mari, 3 fils et un chien.

Depuis ce coup de cœur, je savais que c’était avec elles que je voulais poursuivre. Elles avaient leur place toute prête dans mon nouveau havre de paix. Ce serait magnifique, elles étaient tout simplement parfaites pour moi!

Les deux hommes montèrent dans le camion et moi du coin de l’œil je surveillais leur sortie pour enfin voir celles que j’attendais…

Étonnée, je dis aux livreurs qui entraient dans la maison avec des immenses boîtes : «  eh… excusez-moi, mais il doit y avoir une erreur, ce ne doit pas être ce que j’ai commandé… »

Le plus grassouillet des livreurs, chique de gomme dans la bouche me répondit : « Quoi donc madame ?!? … »

Et moi embêtée, de répondre : « des grosses boites ? J’ai commandé des causeuses moé… »

Et là, les deux hommes se mirent à rire jusqu’à ce que « monsieur grassouillet » ajoute: « ahhhh !!!! Ben là madame vous avez les instructions et les morceaux alors il faut maintenant les monter…c’est ça du IKEA ma p’tite madame ! »

L’heure d’après, j’étais assise parmi les grosses boites, dans ce fouillis qu’était devenu mon salon … le « ma p’tite madame » résonnait en boucle dans ma tête!  Un peu découragée, je ne savais pas trop par où commencer. Dans mon autre vie, ce n’était pas moi qui montais les meubles, cette tâche était celle de « l’EX ». Et je réalise finalement qu’il était pas mal bon là-dedans !!!

Les fleurs qu’on venait de me livrer n’étaient bien juste qu’un motif sur le tissu de mes magnifiques nouvelles causeuses en devenir, tandis que dans mon discours émotif  je me répétais: « Ma p’tite madame….Ma p’tite madame !!!! j’vais vous en faire moé une petite madame! Je vais leur montrer  que j’me disais.

Alors, tournevis à la main, j’essayais de déchiffrer les différents plans m’expliquant les milliers d’étapes à franchir avant de voir un semblant de causeuse. Mais tout d’abord, je devais démêler les millions de vis et de petites pièces nécessaires.

C’était ainsi que je commençais ma nouvelle vie de femme à tout faire…celle d’une divorcée !!

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