Maîtriser ses émotions avec la marmaille en contexte de séparation

Tu viens de te séparer et c’est le brouillard dans ton esprit. Maintenant que ton mode de vie est à redéfinir, tu as l’impression de rouler dans une zone de travaux routiers ; tu prends des détours, tu empruntes des chemins cahoteux et tes pneus frôlent parfois l’accotement. Tu es à fleur de peau et chaque tournant éveille en toi un tourbillon d’émotions. Sur le siège arrière sont assis tes enfants, avec leur immaturité, leur incompréhension et leur lot d’émotions aussi. Tu t’accroches à ton volant et tu te concentres à avancer entre les cônes orange espérant enfin accéder à la voie fraîchement pavée…

 

Alors que tu t’adaptes tranquillement à ta nouvelle vie, ton rôle de maman est toujours présent, mais, lui aussi, est en cours d’évolution. Il est normal que tes émotions t’envahissent parfois et que tu réagisses impulsivement lorsque tu interviens auprès de tes enfants. Mais, comment maîtriser tes émotions afin de continuer d’accompagner et de sécuriser ta marmaille ? Voici mes quelques suggestions.

Calme-toi dès que tu commences à te sentir fébrile

La séparation ou le divorce sont des événements hautement stressants. D’autant plus qu’à cela peuvent s’ajouter une modification de ta situation financière, des querelles avec ton ex-conjoint ou ton ancienne belle-famille, un déménagement, de l’insomnie et bien d’autres événements angoissants. Afin d’éviter d’être submergée par tes émotions, dès que tu sens très émotive, prends quelques grandes respirations. Au besoin, avise tes enfants que tu vas te calmer quelques minutes et que tu reviendras rapidement. Retire-toi ensuite le temps requis pour reprendre tes esprits. Pense à des souvenirs heureux ou répète-toi des phrases positives qui amélioreront ton moral.

Ta fébrilité n’est pas un mal à combattre, mais bien un indicateur qu’il est nécessaire de te détendre un peu. Fais quelque chose qui te fait du bien immédiatement, ne serait-ce que quelques minutes, afin d’avoir à nouveau accès à ta raison. Si tu te sens sur le point d’exploser, lève les yeux au ciel. Cela te permettra de te couper temporairement de tes émotions. N’en fait pas une habitude par contre ; en les refoulant, elles prendront de l’expansion et reviendront aussi vite qu’elles auront été étouffées. Assure-toi donc de les évacuer régulièrement !

Vide ta tête de tout ce qui te tracasse.

Ton cerveau crée plus de 60 000 pensées par jour et plus de 95 % d’entre elles sont identiques à celles de la veille. Ça en fait du trafic entre tes neurones ! Et si en plus, la majorité d’entre elles sont négatives, il est normal qu’elles drainent ta précieuse énergie. Je t’encourage à écrire tout ce qui te passe par la tête. Cela te servira de défouloir et de liste de tâches à prioriser. Plus ton esprit sera calme, plus tu auras accès à ta créativité et plus il sera facile pour toi de connecter affectivement avec tes petits et d’avoir du plaisir avec eux.

Lâche prise

Aucune émotion n’est négative. Au contraire, les émotions nous permettent de poser des actions pour assurer notre survie. Ce sont nos façons de les exprimer qui parfois sont inadéquates. Observe et accueille ce que tu vis, rien ne sert de te battre contre ce qui monte en toi. Tente plutôt d’en tirer des apprentissages pour te sortir de ton chaos interne. En tant que modèle pour tes enfants, ta manière de gérer tes émotions leur sera favorable ou pas. Que souhaites-tu leur transmettre ?

Au placard, la supermaman ! Comme tu es en période d’adaptation, n’essaie pas d’avoir le contrôle sur tout et de tout faire à la perfection. Sélectionne ce qui est prioritaire pour toi afin que ton quotidien soit convenable pour le moment. Donne-toi du temps. Lorsque tu auras retrouvé ta solidité, tu pourras t’en demander un peu plus. Tes enfants préfèreront assurément des lunchs achetés à l’épicerie par une mère énergique aux repas faits maison cuisinés par une mère épuisée. N’hésite pas à solliciter de l’aide à tes proches. Ils ne demandent qu’à t’épauler.

Crée le nouveau mode de vie et d’encadrement qui te plaît

Lorsque tu étais en couple et que tu as fondé ta famille, ton conjoint et toi avez développé les bases de votre éducation en combinant vos valeurs. Tu as peut-être dû mettre de l’eau dans ton vin ou vécu quelques conflits dus à des divergences d’opinions. Maintenant que tu es la seule au volant, tu peux teinter ton encadrement et tes pratiques parentales à ta couleur. Plus rapidement tu mettras en place des routines et des règles stables, moins tu douteras de toi. Par conséquent, tu te sentiras confiante et tes enfants se sentiront en sécurité.

Évite de faire semblant que tout va bien

Si c’est la tempête à l’intérieur de toi, ton langage non verbal le fera savoir à ta progéniture. Si ce que tu dis et ce que tu fais ne sont pas cohérents, tu peux être assurée que tes petits sentiront que quelque chose cloche. Aussi bien être franche avec eux et leur exprimer comment tu vis ta séparation. Évidemment, tes enfants ne sont pas tes confidents et te liquéfier devant eux pourrait grandement les inquiéter. Il te suffira de les tenir informés de ce qui se passe en toi sans détailler tes préoccupations et tes états d’âme.

Exprime ce dont tu as besoin

Lorsque tu demandes positivement la contribution de tes enfants en précisant pourquoi tu en as besoin, ils ont naturellement envie de t’aider. Malheureusement, on a souvent tendance à souligner nos insatisfactions comme ceci : « La maison est une vraie poubelle, ramasse tes cochonneries ou je les fais disparaître ! » Je te recommande plutôt de t’exprimer ainsi : « Quand je vois la maison en désordre, je me sens envahie et désorganisée et j’ai besoin d’une maison rangée pour me sentir bien, peux-tu rapporter tes choses dans ta chambre s’il te plaît ? » Idéalement, assure-toi de susciter la collaboration de tes enfants, pas l’inverse.

Au dodo !

Lorsque tu es fatiguée, tes émotions prennent rapidement le dessus sur ta raison. Au risque d’empirer ta situation, va te coucher ! Le sommeil permet à ton cerveau de réguler tes émotions et tes humeurs, de faire le tri dans tes pensées et même de trouver des solutions spontanées. Pour améliorer la qualité de ton sommeil, évite tous types d’écrans ou d’activités physiques intenses une heure avant de te mettre au lit, ne consomme pas de caféine en soirée, couche-toi et lève-toi à des heures fixes. Une fois bien reposée, tu seras totalement présente pour tes enfants grâce à tes idées plus claires et ton cœur plus léger. 

Que fais-tu lorsque tes petits ont un gros rhume ? Tu les traites probablement avec empathie et bienveillance. Tu veilles à ce qu’ils se reposent et qu’ils mangent bien, tu es plus conciliante et affectueuse. Durant cette transition vers la monoparentalité, je t’encourage à prendre soin de toi comme si tu étais en convalescence. Et tu le sais comme moi, quand tu le feras, tu pourras reprendre plus rapidement la route vers le road trip de ta vie !

Laury Boisvert
Maître praticienne en coaching familial, B. Éd.
Fondatrice de Coaching familial La Lanterne

418-934-9839
info@lalanterne-coaching.com
www.lalanterne-coaching.com

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